Un dress code estival ! – Deuxième épisode -
avril 15, 2009 | In: Mode & Luxe
La semaine passée, nous vous avions – lâchement – abandonné en pleine composition de votre dress code estival. Tâchons d’arranger cet affront et réhabilitons notre crédibilité en vous dispensant quelques recommandations renouvelées afin que vous puissiez faire sensation sous l’inexorable soleil d’été … « coquillages et crustacés ».
Poursuivons notre périple ; si votre fin de semaine fut relativement active, le week-end, quant lui, s’annonce chargé de représentations en tout genre : cocktail, réception, virée au casino … Mais que serait un séjour sur la côte deauvillaise sans instants de répits ? Offrez-vous le luxe d’une promenade sur les planches en vous parant des plus beaux atouts découverts pendant les collections. A votre tour Mesdames de faire de votre vie un défilé permanent.
Samedi – 11H.
Le réveil s’est fait en douceur : la nuit a été courte mais qu’importe, le soleil est déjà haut dans le ciel. Votre compagnon s’est chargé de réceptionner le petit-déjeuner gargantuesque commandé au room-service : croissants, jus de fruits, fraises et fromage blanc. Pour reprendre l’expression populaire : « Que demande le peuple ! ». Une fois le breakfast englouti, le programme de la (mi-) journée peut débuter : vous arpenterez les rues de la ville pour votre plus grand plaisir. La population locale et les touristes seront vos premiers juges. Vous ne pouvez aller harnachée dans une tenue inconfortable.
Nous avons entièrement adhéré à l’image estivale que véhicule les tenues présentées par Ralph Lauren Collection, et nous vous les recommandons, sans réserve, pour cette saison. La collection est dépaysante : une réelle invitation au voyage ! Les styles sont pluriels et les destinations multiples : direction le Maroc et son désert. Mais ce printemps-été 2009, c’est aussi l’escapade au Kenya pour un safari chic et glamour. Ralph Lauren réinvente ses envies d’ailleurs ; l’expédition en première classe est programmée, placée, comme à son habitude, sous le sceau de l’élégance. Les couleurs sont celles de la brousse africaine, d’une terre presque desséchée où la verdure a désertée, d’une région du monde sablonneuse : du beige à l’or et du blanc au bronze. Nombreuses variations de kaki, de gris et de noir caractérisent également ces looks résolument trendy. Les matières, elles, sont voluptueuses, luxurieuses et luxueuses ; elles s’enchaînent et se déchaînent, presque vivantes. Les tissus sont fluides et suivent les mouvements du corps. Notre bibliothèque cinématographique s’emballe et des images de grands films apparaissent : nous voici propulsé dans l’esprit d’Indiana Jones et son époque, les années 30, « un monde d’aventurier ». Ralph Lauren c’est Out of Africa revisité : les longues robes vaporeuses, les robes T-shirt, les pantalons sarouels rencontrent les tailleurs stricts et masculins et les sahariennes en lin … on attendrait presque notre ballon dirigeable. Que de beau linge ici bas !
Vous exhiberez votre corps sur la plage deauvillaise dans une tenue simple mais élégante : un pantalon* – sable foncé – taille haute, fluide, en viscose et soie, évoquant l’esprit « Middle East », une maille, manche trois-quart, sur un chemisier, beige, distingué par son petit col rond façon « croix rouge » des années 1910. L’accessoire smart, indispensable, pour clore ce look ? Une gavroche** en lin, couleur sable, doublée en coton, et fabriquée en Angleterre, en édition limitée. Irrésistible.
N’hésitez pas à marcher pieds nus dans le sable. Les petits plaisirs simples font toujours les grandes joies de l’instant !

Samedi – 15H.
Vous avez rencontré une connaissance lorsque vous déjeuniez avec votre compagnon attablé dans un bistrot typique de la côte. Vous voici conviée, vous et votre moitié, au vernissage d’une exposition où l’ambiance underground chic vous impose l’acquisition d’une nouvelle tenue, et prestement ! Vous disposez de quatre heures – le rendez-vous étant fixé à 19H – pour définir votre ligne de conduite et adopter le style adéquat.
Le prêt-à-porter Dior de ce printemps-été 2009 par John Galliano marque un retour aux années eighties, et c’est ce qu’il vous faut pour emporter les suffrages de l’assemblée.
C’est en 1996 que Galliano a été nommé par Bernard Arnault*** en tant que Directeur Artistique – initialement de la Haute Couture et du prêt-à-porter féminin – de la Maison française fondée par Christian Dior en 1947.
Cette collection estivale est résolument glamour, profondément légère, loin de la rigidité et de la sagesse du tailleur Première Dame façon Bruni-Sarkozy. Sagesse ? N’affirmons pas cela sans prendre quelques précautions nécessaires : si notre Chevalier de la Légion d’honneur made in England avait placé les précédentes collections sous le signe de la démesure, c’est son caractère « portable » que nous retiendrons cette saison. Il célèbre ainsi ces années 80, riches en icônes incontestées telles qu’Alaïa, Mugler ou Gaultier. La femme Dior est complètement et perpétuellement réinventée, une véritable « glamazonienne », sexy à souhait. Les tailles sont soulignées par des corsets. Les bustiers sont de cuir, les blousons en python, et les leggings en lycra. Du transparent, il va sans dire : les robes de mousseline triomphes et les jupes, légères, s’adaptent au quotidien : l’ode aux jambes est clamée haut et fort ! L’allure, elle, est savamment rétro mais toujours chic ; qu’il est bon de voir que certaines choses ne se perdent pas ! La gamme de couleur est éclectique : des couleurs gaies, estivales, côtoient l’éternel blanc, gris, et noir. Ainsi, on retrouve et on admire des variations de rose mais aussi du turquoise, du jaune, de l’orange, du safran … que de fraîcheur ! Les imprimés ne sont jamais bien loin ; les fauves et les pois défilent, et en fanfare, s’il vous plaît ! Le coup de coeur du show Dior ? Les coiffures : ces chignons télescopiques ont su gagner nos coeurs. Alors si certains attendaient de Galliano, pour Christian Dior, le faste habituel définissant ses collections, nous, nous ne sommes pas contre un peu de simplicité de temps à autre.
Le choix semble ardu au premiers abords mais vous porterez votre dévolu sur une longe robe bustier. Votre Personal shopper**** dispose ainsi de quelques heures afin de vous faire parvenir la pièce de prêt-à-porter depuis Paris jusqu’à Deauville. L’esprit du look est séduisant, presque érotique : voici l’avènement de la femme dominatrice aux allures de « porno chic », toujours élégante. On retrouve ici l’univers du soft bondage. Le bustier est en python, noir, décoloré et brodé. Il s’accompagne d’une légère mousseline, noire également, qui dévoilera vos cuisses et vos jambes ; nul doute que vous ferez sensation !

Samedi – 21H30.
Ce vernissage était magique et vous n’étiez pas la seule à porter du Dior par John Galliano façon années 80, vous avez eu l’oeil. Vous disposez désormais d’une demie-heure pour retourner dans votre suite et passer une tenue différente afin de pouvoir vous rendre au Casino. Monsieur, lui, ne se changera pas, mais vous, qu’allez-vous bien pouvoir porter ?
Votre compagnon a emporté avec lui votre écrin nocturne. Ce sera à nouveau du John Galliano ; mais cette fois, sous sa propre griffe. Vous aviez découvert ces merveilles lors du défilé d’octobre. Quant à nous, nous sommes intarissable d’éloges à son égard. Galliano, à l’instar de sa collection pour Christian Dior, adopte la simplicité et l’accessibilité dans ses créations. La sobriété morose est absente ! Si Chanel compose avec l’immensité et la splendeur du Grand Palais, c’est dans un ancien atelier désaffecté de la SNCF que Galliano fait son show. Carton d’invitation en forme de billet de train en main : nul doute, nous embarquons ! Vers quelle destination ? Et bien, c’est le défilé qui apporte la réponse à nos interrogations. Le départ est imminent pour une traversée sous la Manche. Première étape : l’Angleterre. On remarque en premier lieu les chapeaux extravagants dignes de la Garde Royale qui accompagnent des vestes à l’esprit parka, de petites robes ou des jupes déclinées en satin et en jersey, aux couleurs rouge et noir : « so british ! ». Le maquillage est intense, excessif, et les perruques pittoresques presque burlesques ! Puis les robes deviennent drapées, le jersey est froncé, brodé. Les couleurs, elles, deviennent pastel, c’est l’avalanche de turquoise, d’orange, de nuances multiples de verts – du vert d’eau, du pomme, du pistache – et de rose. Sans oublier la présence des imprimés floraux et tachetés qui confèrent un esprit très printanier au show et rafraîchissent la collection. Les tissus sont fluides et transparents, probablement destinés initialement au podium et non à la rue, mais qu’importe ; voici un bel effet vaporeux ! Si, en première partie du défilé, l’ambiance est très « God save the Queen », on retrouve aussi l’accent franchouillard du XIXème siècle avec la présence du chapeau bicorne napoléonien, revisité par Galliano, grandeur XXL … qui n’entame en rien l’élégance et la féminité de ces pièces de prêt-à-porter, bien au contraire. Merci Sir John Galliano !
Vous choisirez l’élégance et la simplicité pour cette soirée de flambe ; une longue robe, vert d’eau, fluide et légère, en tulle de soie et brodée de fleurs en perles argentées, dessinera votre silhouette avec splendeur sans brimer vos mouvements. De quoi être à l’aise à toute épreuve !

Et puisqu’une fois n’est pas coutume, nous abuserons de votre divine patience Mesdames, la suite arrivera ultérieurement …
Par Julien IBSAIENE PITASSI
* Compter $ 1 098
** Compter $ 1 095
*** Président Directeur Général de LVMH (Louis-Vuitton-Moët-Hennessy)
**** Vous pouvez faire appel à WBS – Way Back to Shop Paris / Deauville.
Pour plus d’information, www.wbs-paris.com
Tags: collection, défilés, dress code, luxe, prêt-à-porter
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